Ouagadougou, 14 juillet 2026 – Le gouvernement burkinabè franchit une nouvelle étape dans la régulation de l'enseignement privé avec l'entrée en vigueur, dès la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, d'une nouvelle réglementation des frais de scolarité. Présentée au cours d'une conférence de presse animée par les secrétaires généraux des trois ministères concernés — Bienzi Didier PARE pour le MESFPT, Ibrahima SANON pour le MEBA-PLN et Samuel PARE pour le MESRI —, cette réforme s'appuie sur le Décret n°2026-0761 du 3 juillet 2026 et ses arrêtés d'application, dont l'Arrêté n°2026-101 du 10 juillet 2026 relatif aux structures privées d'éducation préscolaire et d'enseignement primaire.
Selon le gouvernement, cette réforme répond aux nombreuses irrégularités constatées ces dernières années dans plusieurs établissements privés, notamment des augmentations excessives des frais de scolarité, la multiplication de frais annexes non justifiés et l'obligation faite aux parents d'acquérir certaines fournitures ou prestations à des coûts jugés abusifs. Pour mettre fin à ces pratiques, les autorités instaurent désormais un cadre harmonisé fondé sur des critères objectifs. Les établissements privés seront classés en catégories selon leur zone d'implantation, leur niveau d'investissement et la qualité de leur offre éducative. Pour le post-primaire, le secondaire et le supérieur, d'autres critères spécifiques, tels que le type d'établissement, le niveau d'enseignement ou la nature des formations, sont également pris en compte.

L'Arrêté n°2026-101 précise que les frais de scolarité regroupent l'ensemble des montants exigés pour bénéficier des enseignements et des évaluations. Ils comprennent notamment les frais d'inscription, la carte scolaire, l'inscription à la bibliothèque ainsi que la contribution en rame de papier. Les établissements préscolaires et primaires seront évalués sur une grille de 100 points répartis équitablement entre le niveau d'investissement (50 points) et la qualité de l'offre éducative (50 points). Les critères portent notamment sur les infrastructures, les équipements, les conditions d'accueil, la qualification des enseignants, les résultats scolaires, la stabilité du personnel et l'intégration de disciplines telles que les technologies de l'information, l'anglais ou les langues nationales.

Autre innovation majeure, toute perception de frais autres que ceux expressément autorisés devra désormais faire l'objet d'une autorisation préalable du ministère de tutelle. Le gouvernement entend ainsi mettre un terme aux prélèvements non réglementés qui alourdissent les charges des familles. Le dispositif prévoit également des sanctions dissuasives contre les établissements contrevenants. Tout dépassement des plafonds réglementaires entraînera une pénalité équivalente à deux fois le montant perçu en excès, multiplié par le nombre d'apprenants concernés. Les sommes indûment encaissées devront être remboursées aux parents, en plus des sanctions administratives pouvant aller du déclassement de l'établissement à sa mise sous régie, voire à sa fermeture. Pour les autorités, cette réforme vise à protéger le pouvoir d'achat des familles, garantir un accès équitable à une éducation de qualité, renforcer la transparence dans la fixation des coûts et assainir durablement le secteur privé de l'enseignement. Le gouvernement réaffirme toutefois que l'enseignement privé demeure un partenaire stratégique de l'État dans l'élargissement de l'offre éducative. L'objectif de cette réglementation est, selon lui, d'instaurer un équilibre entre la viabilité économique des établissements et le droit fondamental de chaque enfant à une éducation accessible, équitable et de qualité. La nouvelle réglementation prendra effet à compter de la rentrée scolaire et universitaire 2026-2027, avec des contrôles réguliers annoncés afin d'assurer son application effective sur l'ensemble du territoire.
Da Sié
Laisser un commentaire
Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués *