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Loumbila accueille la 3e édition de la foire « De la graine à la table »

13-05-2026  DA Constantin  49 vues
Loumbila accueille la 3e édition de la foire « De la graine à la table »

L’Association Association Yelemani pour la Promotion de la Souveraineté Alimentaire a animé une conférence de presse ce mercredi 13 mai 2026 au CESAO à Ouagadougou pour annoncer la tenue de la 3e édition de la foire « De la graine à la table », prévue du 21 au 23 mai 2026 sur son site agroécologique à Loumbila.

Placée sous le thème « Banque de semences paysannes et souveraineté alimentaire au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives », cette édition ambitionne de renforcer la réflexion autour de la gestion durable des semences paysannes et de leur rôle dans la souveraineté alimentaire nationale. À travers cette initiative, l’association entend promouvoir l’agroécologie, la préservation des ressources phytogénétiques et la valorisation des semences locales. Depuis 2012, Yelemani intervient dans la commune rurale de Loumbila dans plusieurs domaines, notamment la production maraîchère agroécologique certifiée bio, la transformation et la commercialisation de produits locaux, ainsi que la formation et la sensibilisation sur les questions de souveraineté alimentaire.

Selon les organisateurs, la foire s’inscrit dans la continuité du projet Tõn-Bõbudu lancé en 2022 pour promouvoir l’utilisation des semences paysannes et améliorer les moyens de subsistance des producteurs. La première édition de la foire, organisée en mars 2024, avait permis l’inauguration de la Banque communautaire de semences paysannes de Loumbila. La deuxième édition, tenue en février 2025, avait réuni producteurs, chercheurs, organisations paysannes et partenaires autour des enjeux liés aux identités alimentaires et à la réappropriation des semences locales. Pour cette troisième édition, les organisateurs souhaitent approfondir les échanges sur le rôle des banques communautaires de semences dans la stratégie nationale de souveraineté semencière.

Ils saluent notamment deux avancées majeures enregistrées en 2025 : la validation de la Stratégie nationale de gestion des ressources phytogénétiques 2026-2030 et la mise en place de la Banque nationale des gènes à Université Thomas Sankara. Le programme prévoit des panels, des tables rondes, des témoignages, des concours, des échanges de semences ainsi qu’une exposition-vente de produits agroécologiques. Plus d’une centaine de participants sont attendus chaque jour, parmi lesquels des organisations paysannes, des chercheurs, des représentants des ministères en charge de l’Agriculture et de la Recherche, des étudiants, des producteurs et des partenaires venus du Burkina Faso et de la sous-région.

Intervenant au cours de la conférence, le représentant du Comité Ouest Africain des Semences Paysannes a rappelé que près de 80 % des semences utilisées au Burkina Faso restent d’origine paysanne, tout en alertant sur la dépendance croissante aux semences conventionnelles dans le secteur maraîcher. De son côté, Razack BELEMNEGRE a insisté sur la complémentarité entre les banques communautaires de semences et la Banque nationale des gènes phytogénétiques. Selon lui, les premières assurent la conservation vivante des variétés dans les terroirs tandis que la seconde joue un rôle de conservation scientifique à long terme.

Les organisateurs invitent enfin les médias et le grand public à se mobiliser pour cette rencontre qui se veut un cadre de dialogue et d’engagement collectif en faveur de la souveraineté alimentaire et de la préservation du patrimoine semencier burkinabè.


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